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 Quelques aperçus sur la politique

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Erwann Bleu

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Messages : 21
Date d'inscription : 12/12/2008

MessageSujet: Quelques aperçus sur la politique   Lun 22 Déc - 15:27

Selon La pratique de la philosophie.

* La conception moderne comporte plusieurs points :
- Etat de droit laïque.
- Pouvoir limité par une constitution.
- Théorie du contrat social > l'autorité résulte d'une convention passée entre des individus naturellement libres et égaux.
- L'état doit protéger les droits des individus.
- Le pouvoir n'est ni naturel ni divin.



Selon le Vocabulaire européen des philosophies.

* Politique au sens de "policy" (en anglais) désigne "une conception, un programme d'action ou une action elle-même d'un individu, d'un groupe ou d'un gouvernement" (Aron) :
- Mise en lumière des conditions sous lesquelles peut être mise en oeuvre une politique/policy. Elle est nommée "analyse des politiques publiques".

* Politique au sens de "politics" désigne "tout ce qui concerne le débat public, la compétition pour l'accès au pouvoir et, donc, le "domaine dans lequel rivalisent ou s'opposent les politiques diverses" (Aron)" :
- Relève du domaine de la science politique (étude des formes de la compétition politique, supposant la présence de différents groupes d'opinions ou d'intérêts porteurs de projets opposés ou se traduisant par des politiques/policy distinctes).


* Deux sortes d'épistémologie en ce qui concerne la politique : l'une non-bachelardienne (continuité entre la conscience commune et le savoir scientifique), l'autre insistant au contraire sur leur discontinuité.


* Carl Schmitt introduit, dans Le concept du politique, "le" politique, pour critiquer le libéralisme qui réduit le politique à l'éthique-économie et où "la politique [est] le moyen d'une limitation de la contrainte étatique au profit de la liberté des individus". La civilisation libérale "méconnaît le rôle majeur du conflit dans la constitution des unités politiques."

Il utilise quatre catégories :
- Esthétique > Beau/Laid.
- Moral > Bien/Mal.
- Economie > Utile/Nuisible.
- Politique > Ami/Ennemi.

"Le politique est donc irréductible à la culture, à l'économie et à l'éthique, parce qu'il n'apparaît vraiment que lorsque des questions décisives sont en jeu dont le règlement peut requérir l'affrontement violent" (définissant les limites de la rationalisation).


Selon Les notions philosophiques.

* Politikê en grec désigne l'activité qui organise et gère une cité (polis).
- Le terme apparaît au XIVème siècle en France, pour désigner : l'activité organisatrice, l'art de gouverner, l'ensemble des affaires politiques, la théorie des régimes, la science qui analyse tous ces phénomènes.
- Les Grecs en distinguaient 3 acceptations : politikê (activité politique concrète), politeia (constitution d'un régime) et politika (affaires de la cité).
- Les Latins utilisaient : Respubliqua (ensemble des affaires politiques), civilis prudentia (l'art de conduire ces affaires).


* L'activité politique "oriente la vie collective et préserve le bien commun ou l'intérêt général d'une unité politique déterminée, relativement unie et indépendante, sur un territoire d'étendue variable". Ce qui "implique la volonté préexistante d'une association durable d'êtres décidés à vivre en commun, sous des règles communes [...], au bénéfice de l'ensemble de la population concernée, avec la conscience de vivre un destin commun. Il s'agit donc à chaque fois de collectivités séparées, résolues à maintenir leurs particularités". "La particularité des communautés politiques se caractérise par la nature des liens qui unit chaque fois les membres et par le type de hiérarchie qu'elles intègrent. Ces liens peuvent être plus ou moins étroits".

* Une société politique se divise en gouvernants (pouvoir/autorité) et gouvernés (citoyens), ce qui pose deux types de problème :
1). Conduite/Procédés/Recette de gouvernement ?
2). Nature des relations gouvernants et gouvernés ?


Le 2). a été abordé de différentes façons : fondement du pouvoir (religieux, économique, instance gestionnaire...) et de ses représentants (aptitude au pouvoir, nombre des dirigeants...) ; la répartition des pouvoirs (concentration et centralisation, équilibre...). Ce dernier peut avoir pour fondement la division géographique (fédéralisme) ou des compétences (parlementarisme), ou bien sa dilution (anarchisme).

Aristote classe les régimes en fonction du nombre et de la dégénérescence, Montesquieu prend pour repère le principe constitutif des régimes et Weber invoque les manières pour un pouvoir de se légitimer (type traditionnel/légal/charismatique).

* Pour Platon, la politique est l'art royal et, pour Aristote, l'activité qui commande aux autres activités et les englobe. Elle peut être surbordonnée au pouvoir spirituel, ou à la science (cas d'Auguste Comte).

On divise en deux l'univers politique : les affaires intérieures (conservation de la paix civile) et extérieures (sécurité face aux menaces étrangères) :
- Dans la première division, la politique a charge de "police" (assure la protection des citoyens et la concorde) car elle maintient l'ordre. Le problème qui se pose est de savoir s'il doit être juste (Proudhon) ou efficace (Goethe) : comment harmoniser la cohabitation et les libertés ?
. "Dans les sociétés étatiques modernes, cette tâche a pris la forme de l'élimination de la violence privée, c'est-à-dire la disparition de l'ennemi intérieur" (l'état devient seul dépositaire légitime de la violence) - Marx réintroduit l'ennemi intérieur sous la forme des luttes de classes.
. Plusieurs appareils servent à maintenir l'ordre : judiciaire (permis/interdit) et administratif (seconde le pouvoir dans la gestion des affaires).

- Dans le cas des affaires extérieures, la charge est militaire et diplomatique (protection contre les ennemis, maintien de la paix internationale, conclusion de pactes, d'alliances...).
. La nouveauté de la politique internationale contemporaine vient de la mise en place d'organismes internationaux dont les représentants sont autonomes des pays d'origine. L'action militaire est surtout dissuasive.
. "Les affaires extérieures couvrent en somme l'immense domaine des relations de paix et de guerre, ce qui veut dire celui du rapport des forces entre amis et ennemis qui demeure au coeur de toute politique, qu'elle soit positive ou idéologique, agressive et défensive".


* La mise en oeuvre de la politique dépend de l'idée que se font les acteurs sociaux du substrat de la société. Il y a une rupture, avec Hobbes, entre les Anciens et les Modernes dans ce domaine (Hobbes s'oppose à Aristote).

- Aristote :
. L'homme est naturellement social/politique (sinon il est un dieu ou un monstre).
. Il accomplit donc sa nature au sein de la société (dans le mariage, puis la famille, puis le village et enfin la cité).
. La cité est organisée, par des conventions raisonnables guidées par les exigences de la justice, selon les normes du bien poursuivi dans l'association politique.
. Les passions et les intérêts des individus produisent la discorde et la corruption (dégénérescence et révolution).
. Cause des révolutions : un accroissement excessif d'une partie de l'état.
. "Aristote ne croit pas à un régime idéal. Il se fait l'avocat d'une constitution tempérée, apte à se réformer en considération du bien que l'on se propose"

- Hobbes :
. Principal initiateur du contrat social (l'homme n'est pas sociable par nature).
. L'homme sort de l'état de nature par crainte de la mort pour passer à l'état de société (et ce n'est pas une nécessité mais un accident).
. Plus de fondement naturel mais une origine conventionnelle (pacte social) aboutissant à une société civile et créant l'état.

- Pour Rousseau, le pacte n'était pas irrévocable, sa violation faisant retourner chacun dans l'état de liberté naturelle.


* Différences concernant l'état de nature :
- Etat de guerre permanent (Hobbes).
- Etat de liberté et d'égalité (Rousseau, Locke).
- Etat d'insécurité/injustice (Hume, Kant).

Fichte abandonne l'idée d'état de nature et conçoit le contrat comme une dialectique conventionnelle entre le droit et la force, entre ce qui est et ce qui doit être (ainsi la Révolution devient un agent de la raison et s'oppose à l'Etat historique et empirique).

Hegel récuse l'idée du contrat. La société devient alors une construction artificielle qu'il est possible de métamorphoser par d'autres conventions (cette perspective se renforce avec l'essor de la technique/artifice) puisqu'elle est d'origine créative humaine (si elle ne va pas, on la change) : on la réforme (libéralisme), on la transforme radicalement (socialisme) ou on la remplace par l'association (anarchisme).

Au XVIIème siècle, c'est le développement des utopies et l'abandon d'Aristote pour Platon.


* Le tassement des philosophies de l'histoire et l'émergence de la phénoménologie conduisirent à des révisions en philosophie politique (impulsion donnée par Weber) : séparation entre sciences politiques et philosophie politique (tente de cerner la spécificité du politique - le politique - en dehors de ses manifestations existentielles et situées - la politique.
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